La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a publié ce 21 avril ses recommandations tarifaires pour le prochain semestre. Elle préconise une hausse des tarifs réglementés de vente (TRV) de +4,2 % sur l'électricité et de +6,1 % sur le gaz à compter du 1er juillet 2026. Ces recommandations seront soumises à l'examen du gouvernement, qui dispose d'un délai de deux mois pour les entériner ou les moduler.
La CRE justifie ces ajustements par la remontée des prix de l'énergie sur les marchés de gros européens au cours du premier trimestre 2026, conjuguée à la fin des derniers mécanismes de soutien tarifaire mis en place entre 2022 et 2025. Les prix de référence du gaz naturel liquéfié (GNL) importé ont progressé de 14 % sur un an, en lien avec la demande asiatique et les tensions sur les routes d'approvisionnement atlantiques.
Électricité : +4,2 % au 1er juillet 2026 → impact moyen estimé à +8,50 €/mois pour un foyer chauffé à l'électrique.
Gaz : +6,1 % → impact moyen estimé à +11 €/mois pour un foyer chauffé au gaz.
Impact cumulé estimé : +19,50 €/mois, soit +234 €/an pour un foyer mixte. (CRE, avril 2026)
Selon les données de l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), 5,6 millions de ménages français consacrent plus de 8 % de leurs revenus à leurs factures d'énergie. La hausse recommandée accentuerait la pression sur ces foyers, pour lesquels le chèque énergie, versé en mars 2026 à 5,6 millions de bénéficiaires, ne couvre en moyenne que trois mois de charges.
La question du pouvoir d'achat énergétique s'impose comme l'un des axes incontournables du débat présidentiel. L'enquête Cevipof publiée le 15 avril montrait que 66 % des Français citent le pouvoir d'achat comme critère déterminant de leur vote. La trajectoire énergétique conditionne également les marges de manœuvre du prochain gouvernement, dans le cadre du programme de stabilité 2026-2030 transmis à Bruxelles le 17 avril, qui exclut tout retour à un bouclier tarifaire généralisé.
Cette hausse intervient par ailleurs dans un contexte où la suppression des ZFE adoptée le 16 avril avait déjà rouvert le débat sur la mobilité et ses coûts pour les ménages en zones périurbaines et rurales, dont une large majorité se chauffe encore aux énergies fossiles.
Sources : Commission de régulation de l'énergie (CRE), Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE)
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